Études sur la Parole : La Genèse
Commentaire approfondi de J.N. Darby couvrant les 50 chapitres de la Genèse — création et chute de l'homme, déluge, vocation d'…
Livre des commencements : création du monde, chute de l'homme, déluge universel, et histoire des patriarches Abraham, Isaac, Jacob et Joseph — préfigurant toutes les voies de Dieu envers l'humanité.
La Genèse (du grec genesis : « commencement, origine ») est le premier livre de la Bible et du Pentateuque. Elle couvre une période allant de la création du monde jusqu’à la mort de Joseph en Égypte, soit plusieurs millénaires d’histoire primordiale et patriarcale. Elle constitue le fondement de toute la révélation biblique et contient en germe l’ensemble des voies de Dieu envers l’humanité.
Selon la tradition ancienne, Moïse est l’auteur non seulement du livre de la Genèse, mais de tout le Pentateuque (appellation des cinq livres de Moïse, dérivée du grec pente « cinq » et teuchos « récipient pour rouleaux »). Moïse fut le témoin oculaire des événements rapportés dans l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome, et même, en partie, le personnage central de ces livres. Il vécut vers 1526–1406 av. J.-C., à une époque où l’écriture hiéroglyphique — dont les débuts remontent au 3e millénaire av. J.-C. — était déjà très développée en Égypte.
Pour la Genèse, outre les révélations directes de Dieu (notamment pour le récit de la création en chapitres 1 et 2), Moïse disposait sans doute de documents datant du temps des patriarches — généalogies, récits familiaux, transmis oralement ou par écrit. Il écrivit sous la direction du Saint-Esprit, conformément à la parole de Pierre : « De saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pierre 1 : 21).
La tradition mosaïque est confirmée par le Seigneur Jésus lui-même : « Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez ; car c’est de moi qu’il a écrit » (Jean 5 : 46 ; cf. Luc 24 : 27, 44). Paul appelle également ces écrits la « loi de Moïse » (1 Corinthiens 9 : 9 ; Hébreux 10 : 28). Deux passages du Nouveau Testament montrent clairement que cette expression se rapporte de fait également à la Genèse : 1 Corinthiens 14 : 34 ne peut se référer qu’à l’ordre de Genèse 2 : 18 et 3 : 16 ; et Galates 4 : 21 cite l’histoire d’Ismaël et d’Isaac (Gen. 16 et 21).
Les mythes suméro-akkadiens et assyro-babyloniens concernant la création et le déluge (notamment le cycle épique de Gilgamesh) sont souvent comparés aux récits bibliques. Mais ces écrits humains, peuplés de divinités multiples et contradictoires, offrent un contraste absolu avec la clarté et la cohérence des Saintes Écritures. Ils témoignent néanmoins que les peuples anciens avaient conservé un vague souvenir des origines, qu’ils transcrivirent selon leur imagination et sous l’influence de l’idolâtrie — comme le prouve aussi la vénération universelle du serpent dans les cultes idolâtres (comp. Gen. 3 : 1 ; Apoc. 12 : 9).
La Genèse (Genesis : « devenir, commencement ») est avant tout le livre des commencements. Elle contient « le germe » de toutes les voies de Dieu envers le monde et anticipe, sous forme de types et de figures, l’ensemble des révélations divines ultérieures :
La tente indique que le croyant est pèlerin et étranger dans ce monde, n’ayant pas de cité permanente mais recherchant celle qui est à venir ; l’autel représente la communion avec le seul vrai Dieu et l’adoration qui lui est due.
Dans toute la Genèse, Dieu est désigné par deux noms hébreux distincts, dont l’usage n’est pas aléatoire mais révèle deux aspects complémentaires de sa nature :
| Nom hébreu | Translittération | Signification | Usage |
|---|---|---|---|
| אֱלֹהִים | Elohim | Dieu tout-puissant | Toute-puissance du Créateur |
| יְהוָה | YHWH (Jéhovah / Yahvé) | L’Éternel, le Dieu de l’alliance | Grâce et relation avec l’homme |
Contrairement à ce que pensent de nombreux critiques, l’emploi de ces deux noms n’implique pas l’existence de différents auteurs ou récits réunis après coup, mais témoigne de l’inspiration divine des Saintes Écritures. Ainsi, en Genèse 7 : 16 : «… comme Dieu (Elohim) le lui avait commandé. Et l’Éternel (YHWH) ferma l’arche sur lui » — la puissance créatrice et la grâce personnelle du même Dieu apparaissent dans un seul verset.
La répétition, à onze reprises, du mot hébreu toledoth (« filiation, histoire, générations ») structure le livre en sections distinctes — un procédé que l’on retrouve dans les bibliothèques de tablettes cunéiformes de Mésopotamie :
| Référence | Toledoth de… |
|---|---|
| Genèse 2 : 4 | Les cieux et de la terre |
| Genèse 5 : 1 | Adam |
| Genèse 6 : 9 | Noé |
| Genèse 10 : 1 | Les fils de Noé |
| Genèse 11 : 10 | Sem |
| Genèse 11 : 27 | Térakh |
| Genèse 25 : 12 | Ismaël |
| Genèse 25 : 19 | Isaac |
| Genèse 36 : 1 | Ésaü |
| Genèse 36 : 9 | Ésaü (ses descendants à Séhir) |
| Genèse 37 : 2 | Jacob |
La Genèse contient les biographies de sept croyants dont les récits déterminent également la division du livre : Adam, Hénoc, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph. Ces vies de foi sont présentées dans toute leur réalité humaine — avec leurs forces et leurs faiblesses — révélant la grâce souveraine de Dieu qui œuvre à travers des hommes faillibles.
Cette première partie couvre l’histoire de l’humanité depuis la création jusqu’à la dispersion des nations à Babel.
Chapitres 1–5 : De la création au déluge
Chapitres 6–11 : De Noé à Abraham
Abraham (12 : 1 – 25 : 18) — Le père des croyants (Romains 4)
Abraham est appelé d’Ur des Chaldéens pour aller dans une terre promise. Son itinéraire de foi est marqué par des promesses divines répétées (descendance, bénédiction universelle), mais aussi des chutes et des restaurations. Le point culminant est l’offrande d’Isaac (chapitre 22), type de la mort et de la résurrection du Fils de Dieu.
Isaac (22 : 1 – 26 : 33) — Le fils de la promesse
Isaac représente le fils bien-aimé offert par son père, puis reçu des morts (Hébreux 11 : 19). Son mariage avec Rebecca (chapitre 24), scellé par le serviteur envoyé en quête de l’épouse, est une figure de l’Esprit Saint appelant l’Église à la rencontre du Fils.
Jacob-Israël (26 : 34 – 37 : 1) — L’enseignement de l’Esprit
Jacob illustre la lutte entre la chair et l’Esprit. Sa vie est celle d’un homme astucieux et tenace que Dieu transforme progressivement : le changement de son nom en Israël (« celui qui lutte avec Dieu ») à Peniel marque le tournant décisif (32 : 24–32).
Joseph (37 : 2 – 50 : 26) — Type du Christ rejeté et glorifié
Joseph est la figure typologique la plus frappante du livre : rejeté par ses frères, vendu, emprisonné, puis élevé à la droite du Pharaon pour sauver le monde de la famine. Son histoire préfigure le chemin du Messie — rejeté par les siens, glorifié par Dieu, source de salut pour toutes les nations.
Commentaire approfondi de J.N. Darby couvrant les 50 chapitres de la Genèse — création et chute de l'homme, déluge, vocation d'…